Jour pour jour il y a un an la Martinique et la Guadeloupe s'embrasaient toutes de rouge vétues scandant et réclamant plus de pouvoir d'achat, puis plus de moyens, puis plus de "péyi a sé ta nou"...
Défilés dans les rues, pays bloqué, économie gelée, emplois supprimés? pas grave! On pouvait tout endurer, jusqu'à sacrifier notre sacro saint carnaval, car c'était pour la bonne cause, pour le bien de tous...
Au fait, c'est qui "tous"?..En voilà une bonne question...
Il y a un an jour pour jour, l'heure du grand soir semblait sonner: on en était persuadé. Heureux et soulagés de penser que "ce qui ne tourne pas rond" dans nos sociétés et que nous dénonçons depuis si longtemps allait ENFIN s'arrêter et nous permettre de filer droit...
Un homme, au charisme solaire, nous donnait envie de croire: nous avions trouvé notre Che des tropiques, celui que l'on suit par conviction et aussi par intérêt oui, mais collectif et non personnel. On y a cru à ce sursaut de conscience de notre peuple, on y a cru..
Un an après, qu'avons nous eu...Las de nous faire manipuler par des politiques assoifés de culte de la personnalité et toujours à l'affût du moindre changement d'alizé pour aller grimacer à sassiété sur RFO. Dégoûtés et presqu'honteux de voir les dérives violentes et racistes d'un mouvement initialement juste car basé sur la lutte contre la vie chère, blazés des effets d'annonce d'un président roublard qui tente de nous endormir à coups d'Etats généraux, de CIOM, de consultation digne des aventures de "compère lapin" et autres "cache misère"...Où en sommes nous un an après?
Des emplois supprimés? Oui mais dans une certaine limite, la Martinique est bien trop fonctionnaire pour ça et le marché des petits boulots "au black" a la peau dure.Des grandes enseignes d'hyper marchés, boycottées? L'illusion des prix B C bas aurait elle eu raison de la consigne "anti caddi" du roi soleil? Non, nous ne sommes pas dupes mais voraces, ça oui!
Par contre, des petites entreprises ont fermées, des jeunes ont été les premiers licenciés, des antillais qui souhaitaient rentrer au pays monter leur affaire se sont démobilisés...et pourtant c'est de ceux là même que le pays a besoin! La Martinique et la Guadeloupe n'ont pas besoin de fonctionnaires déjà présents par milliers. Nous avons besoin de jeunes entrepreneurs, de porteurs de projets, de scientifiques, d'agronomes, de médecins, d'infirmiers...et de politiques responsables et intègres.
Nos leaders improvisés sont des révolutionnaires de salon ou plutôt de plateaux télé, nostalgiques des sittings des années 60, envieux d'une Amérique des "blacks panthers" qui a donné un nouveau Mendela au monde: faire la grève ne leur coûte rien du moins jusqu'au 45ème jour...Bref, cet anniversaire à un goût amère, un goût de "couillonnade" où nous sommes encore les méchouis...
Un an après, jour pour jour, les gens courent toujours dans les rues, de rouge vêtus: c'est carnaval. Et rien, pas même "haïti que l'on ne recommencera à chérir qu'au carême" ne nous privera de notre "mascarade soupape sociale"...Après tout avons nous tort?
Le carnaval, parodie cynique mais joyeuse de notre société, avec un peu d'audace, d'auto dérision et de clairvoyance pourrait peut être élir "ti sonson" vaval de l'année, car pour sûr, jamais marionnette n'aura autant été.....Il y a un an, jour pour jour!
Zoro
